JACQMIN SEBASTIEN

Artiste travaillant en Bretagne – France

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Mes reproductions…

Mercredi 4 décembre 2024

Je suis à Marrakech, nous sommes arrivés hier, il est 7h30 du matin, j’ai très peu dormi. Le corps en alerte, impossible de le rassurer. 

Alors, comme souvent dans ces cas là, je cherche pourquoi, je trouve plusieurs voix. 

Une qui me parle de ce pays, de ce que j’ai vu hier soir, beaucoup de choses, beaucoup d’odeurs, de couleurs, de monde, de bruits, de sourires. J’aime ce pays, j’aime le contact si facile avec les autres. Ici ont peu être tactile, drôle, directement le contact passe, on se sourit, une blague et c’est agréable. C’est tellement naïf d’écrire cela et pourtant, dans la toute grande majorité des cas, les marocains sont des gentils, le cœur n’est jamais, jamais très loin. 

Ça fait beaucoup, beaucoup de changements pour mon esprit si sensible. J’ai eu l’impression d’avoir gardé toutes les émotions en cocote minute. J’ai comme implose cette nuit. Les changements, de quelles sortes qu’ils soient me déstabilisent et ce, de plus en plus intensément. Je sens que mes capacités d’adaptation disparaissent comme neige au soleil. C’est très vexant et ça me fait entrevoir un esprit de plus en plus raide, de plus en plus peureux. Je me dis alors que je devrais refaire du théâtre pour remettre de l’huile dans la mécanique des émotions. 

 Le bilan n’est peut être pas à faire après une si mauvaise nuit, je devrais peut-être y réfléchir plus tard. 

Une autre voix me parle de Ploermel.

Tout d’abord de manière très générale, en me parlant de la ville, des travaux réalisés qui l’ont rendue jolie et propice à la flânerie. Y habiter donne envie. J’imaginais les soiree animations et marche de Noël dans les rues, au pied de la maison. Qu’est ce que ça fera de pouvoir aller se chercher un vin chaud, une délicieuse soupe ou encore une part de tartiflette en ne faisant que quelques pas à partir de chez soi ? 

Qu’est-ce que ce fera aussi de pouvoir aller à pied aux séances de yoga ou de renforcement musculaire, de prendre son vélo pour aller faire quelques courses ou d’aller au magasin de bricolage?

Aussi, ça me parlais du livre que j’ai feuilleté hier soir. Il parle de manipulation des masses, de cette période sombre du Covid, d’Édouard Barney et de Noam Chomsky. 

Évidemment, avec du recul, mauvaise pioche pour un livre de vacances. Je n’avais pas prévu de lire et c’est Soazig qui a embarqué deux livres, semble-t-il un peu au hasard. 

Ce sujet me touche énormément et j’aimerais tellement le diffuser autour de moi. Je sais que dans des conversations c’est malaisant, rarement le bienvenu, indigeste. 

Je me disais que je pourras en faire un spectacle, un moment d’humour, d’effroi, de révélations, de prise de conscience, d’émotions. 

Une sorte de conférence gesticulee. J’ai trouvé cette idée très bonne, j’ai imaginé un succès populaire énorme telle le spectacle « homme, femme, mode d’emploi » et puis j’ai pensé à l’association du pavé, celle de Franck Lepage et toutes ces conférences passionnante et je me dit que ça n’a jamais eu de grand succès populaire. 

Mais qu’a cela ne tienne, la réussite de ce spectacle se situerait plutôt dans dans une expérience riche en rencontre, en aventure et en apprentissage. Un chemin qui me construirait un peu plus vers celui que j’aimerais être.

Je ne peux néanmoins me sortir de la tête l’exemple de Juan d’Outremont, mon prof a l’erg, qui dans sa jeunesse a réalisé tant de projets artistique et éclectique mais qui, a l’âge que j’ai aujourd’hui répétait souvent quand on lui proposait des projets ou des aventures : c’est évident que c’est un beau mais comme toujours, il faut de l’énergie et je ne suis pas sûr de pouvoir la convoquer….

C’est évidemment cela qui me vient directement à l’esprit parce que j’ai déjà plusieurs dossiers en cours : un déménagement posible à Ploermel, la construction d’une maison atypique, l’aménagement d’un nouveau gîte, des projets de dessins et peintures…

Peut-être, de plus en plus, je devrais m’organiser et mettre des priorité dans mes envies de réalisations. Est-ce peut-être cela une vie libre ? Créer l’espace nécessaire à l’avènement de choses qui nous tiennent à cœur ?

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